Chère Momo…

Lettre à Momo

ももへの手紙

Momo e no Tegami

Cher lecteur,

Fin.


Eh oui, toi, lecteur anonyme et ignorant, sache que Momo, l’héroïne de ce film d’animation japonais, trouve une lettre de son père décédé qui se résume à ceci:

Chère Momo …

Et pis c’est tout!

A partir de là, nous allons vivre une palpitante aventure.

Voici le joyeux scénario:

Momo est une jeune adolescente qui ne voit pas assez son père.

Celui-ci rentre enfin de mission (c’est un chercheur océanique), et Momo lui a préparé une belle surprise.

Malheureusement son père va repartir très vite, et Momo lui en veut.

Ses dernières paroles seront: « je te déteste, c’est pas la peine de revenir… »

Son père meurt durant cette mission.

Elle regrette évidemment ces paroles mais trouve une lettre écrite par celui-ci qui dit:

« Chère Momo… »

La question est: quelle est la suite????

Obligée de déménager avec sa mère dans la maison familiale sur une petite île, elle va commencer par avoir des hallucinations.

Des ombres apparaissent autour d’elle et de sa mère et elle les entend discuter.

Elle finira par découvrir qu’il s’agit de trois Yôkai monstrueux.

(Les Yôkai sont des esprits ou des fantômes, mais également des démons)

Comment va-t-elle vivre avec cette présence, et pourquoi sont-ils ici?

Avant de savoir si ça vaut le coup ou non, parlons de son créateur et de ses collègues.

Hiroyuki Okiura, réalisateur, illustrateur et scénariste de 52 ans, s’est fait connaître avec son film d’animation « Jin-Roh », sorti en 1999.

Donc une carte de visite en béton armé. (pas Amer béton! Mouhahahaha)

Il est accompagné sur ce projet par quelques pointures ayant participé à des longs métrages d’animation des studios Ghibli, ou Your name, ou encore Amer béton (d’où la blague un peu plus haut), Souvenir de Marnie, mais également Evengelion ou Akira. Bon, ça le fait ou bien??

Hiroyuki mettra un point d’honneur à ce que tous les décors soient dessinés et peints à la main, ainsi que 95% du film. Il n’y a quasiment aucune retouche numérique des couleurs.

Inutile de dire que ce film est un régal à regarder, ou plutôt à contempler.

Autre particularité du film, les visages.

Je discute souvent avec des gens qui n’aiment pas les films d’animation japonais sous prétexte que les personnages ont toujours des grands yeux, ou plus généralement que les proportions que nous trouvons chez les humains ne sont pas respectées.

Absolument, je comprends, mais je ne regarde pas un film d’animation en me disant qu’il s’agit d’une histoire humaine adaptée en dessins-animés, non, pour moi un film d’animation fait partie d’un autre monde, même si ce sont des « humains ». (Pour faire simple, comme dans « Qui veut la peau de Roger Rabbit?« )

Par exemple si je regarde un film fantastique avec des « aliens » ou des monstres, pour moi ils existent! Je suis sorti du monde réel pour entrer dans un univers qui va me faire voyager ailleurs que dans mon quartier.

Les monstres les plus improbables ne me gênent pas.

Et bien c’est pareil en animation, si un personnage doit avoir des gros yeux, c’est comme ça! Si il doit avoir trois yeux, normal! Et si il est extrêmement ressemblant au physique humain, et bien c’est ni mieux, ni moins bien, c’est normal!!

Tout ça pour dire qu’avec Momo, il y a eu un énorme effort pour que les personnages humains soient fidèles à la réalité, ce qui est plutôt drôle vu la présence de ces trois monstres.

Mais j’arrête avec le côté technique pour passer sur le fond et l’intérêt du scénario.

Revenons à Momo qui non seulement a perdu son père, mais en plus déménage avec sa mère sur cette île.

Elles emménagent dans la maison familiale où vivent ses grands-parents.

Momo ne connait personne et va passer ce premier été dans un environnement inconnu accompagnée de monstres!

Elle va devoir également faire connaissance avec les enfants de cette île qui l’accueillent chaleureusement.

Momo n’est pas prête à les rejoindre, et n’est surtout pas prête à sauter d’un pont surplombant la mer, comme tous les autres enfants.

La trouille, le manque de confiance, l’esprit rempli par la disparition de son père ainsi que par la présence des ces Yôkai.

La grande question, c’est qu’est-ce qu’ils font là ces trois monstres hideux?

Y-a-t-il un rapport avec le père de Momo?

Voilà, Momo est seule face à son destin et aux questions qu’elle se pose, et elle va vivre un été bien particulier qui va tourner à la catastrophe.

Oui, des Yôkai, il y en a partout, des milliers, et tout ce beau monde va se rejoindre dans un final apocalyptique au beau milieu d’un typhon.

Une chose est sûre, ce dessin animé est aussi bien pour les enfants que pour les adultes.

On y trouvera sans problème une double lecture.

Voici la bande annonce en français pour les petits et grands allergiques à la VOST:

Et vous savez quoi?

Il se pourrait que vous aimiez Momo.

Il se pourrait que vous aimiez cette île japonaise baignée de soleil et d’une chaleur accablante.

Il se pourrait même que vous aimiez ces Yôkai!!

Cet animé n’a rien à envier aux Ghibli, ni même aux plus beaux Disney de la belle époque, celle où l’homme et ses mains étaient entièrement responsables de la création d’un nouveau monde.

 

A voir absolument!!

 

PS: A noter que  des bonus exceptionnels sont présents sur le blu ray. (Making of et entretien avec le réalisateur)